La tomette traditionnelle en terre cuite

La terre cuite est l’un des tout premiers matériaux de construction

La tomette traditionnelle en terre cuite

La terre cuite est l'un des tout premiers matériaux de construction

La tomette en terre cuite : un sol qui traverse les siècles

Il y a des matériaux qui n’ont pas besoin de se justifier. La tomette en terre cuite en fait partie. On la reconnaît au premier coup d’œil, sa forme hexagonale, sa teinte chaude qui va du brique soutenu à l’ocre rosé et on la retrouve aussi bien dans une bastide provençale du XVIIe siècle que dans un hôtel boutique parisien fraîchement rénové.

Ce n’est pas un hasard si elle revient régulièrement dans les projets d’architectes et de décorateurs. Elle porte quelque chose que les matériaux synthétiques peinent à imiter : une présence, une texture, une profondeur qui vient du temps et de la main.

Chez les Céramiques du Beaujolais, nous travaillons la terre depuis 1850. La tomette, nous la fabriquons à l’ancienne, à l’estampage, avec les mêmes gestes transmis de génération en génération. Voici ce qu’il faut savoir sur ce matériau, son histoire, et les usages qui en font aujourd’hui un choix de référence pour les projets exigeants.

Une histoire vieille de plusieurs siècles

Des origines antiques à la France rurale

La terre cuite est l’un des tout premiers matériaux de construction de l’humanité. En Mésopotamie, en Égypte, dans la Rome antique, on cuisait la terre pour en faire des briques, des tuiles, des revêtements. La tomette telle qu’on la connaît aujourd’hui, hexagonale, fine, aux tonalités chaudes, s’est développée en France à partir du Moyen Âge, notamment dans le Sud-Est du pays.

La Provence, le Languedoc, la vallée du Rhône : ce sont ces territoires à l’argile rouge et au soleil généreux qui ont vu naître les premières manufactures de tomettes. Les monastères, les mas, les bastides… tous ces bâtiments qui ont traversé les siècles ont souvent la tomette pour point commun sous leurs pieds.

La grande époque des tuileries et faïenceries régionales

Du XVIIe au XIXe siècle, les tuileries-briqueteries se multiplient dans les régions d’argile. En Beaujolais, en Bresse, en Bourgogne, des familles entières vivent du travail de la terre. La production de tomettes, de carreaux, de tuiles structure l’économie locale et façonne les paysages bâtis.

C’est dans ce contexte que la famille Dubet s’installe à Oingt, en Beaujolais, en 1875. Depuis cinq générations, l’atelier perpétue un savoir-faire qui mêle tradition et adaptation aux exigences contemporaines. Un ancrage rare, qui explique en partie la précision technique et la cohérence esthétique de la production actuelle.

Tuilerie Dubet

La tomette au XXe siècle : déclin et renaissance

L’industrialisation de la construction, après-guerre, a largement marginalisé la tomette au profit du carrelage en grès cérame, moins cher et plus rapide à poser. Pendant plusieurs décennies, la tomette artisanale a survécu presque en marge, portée par les passionnés de rénovation de bâti ancien et quelques architectes attachés à l’authenticité des matériaux.

Le retour en grâce a été progressif, mais réel. L’intérêt croissant pour les matières naturelles, le patrimoine bâti, les intérieurs à caractère fort, ainsi que l’essor des labels comme les Entreprises du Patrimoine Vivant, a remis la tomette artisanale sur le devant de la scène. Aujourd’hui, on la retrouve dans des projets très divers, des résidences privées aux hôtels de luxe, en passant par les monuments historiques.

La tomette en terre cuite dans les projets professionnels


La tomette n’est pas réservée aux maisons de campagne. Son vocabulaire formel, minéral, chaleureux, intemporel, se prête à une grande variété de contextes, pour peu qu’on sache l’utiliser avec intention. C’est précisément ce qui en fait un matériau de choix pour les professionnels qui cherchent à construire ou rénover avec profondeur.

Monuments historiques et bâti ancien : la question de la compatibilité

Rénover un monument historique, une demeure classée ou un bâtiment inscrit, c’est avant tout une question de cohérence matérielle. Les prescriptions des architectes des Bâtiments de France sont claires : les matériaux de restauration doivent être compatibles avec ceux d’origine, tant sur le plan esthétique que technique.

La tomette en terre cuite artisanale répond précisément à cette exigence. Fabriquée selon des techniques proches de celles utilisées aux XVIIIe et XIXe siècles, argile naturelle, séchage lent, cuisson au four à flamme directe. Elle présente les mêmes caractéristiques physiques que les carreaux anciens : porosité, souplesse, légèreté relative, capacité à vieillir avec le bâtiment plutôt qu’à se dégrader contre lui.

Chez Céramiques du Beaujolais, la fabrication à l’estampage permet par ailleurs de reproduire des formats anciens, disparus de la production industrielle. Une tomette du XVIIIe siècle avait rarement les dimensions standardisées d’aujourd’hui, travailler avec un atelier artisanal. C’est aussi pouvoir demander le format exact, l’épaisseur adaptée, le degré de planéité qui correspond à l’irrégularité d’un plancher ancien.

Architectes : un matériau à fort potentiel de mise en œuvre

La tomette séduit les architectes pour des raisons à la fois pratiques et plastiques. Sur le plan technique, elle est compatible avec les sols existants en bâti ancien (poids, épaisseur, adhérence). Sur le plan esthétique, son chromatisme naturel qui varie selon les fournées, les argiles, le degré de cuisson crée des effets impossibles à obtenir avec des matériaux homogènes.

Sa géométrie hexagonale, en particulier, offre des possibilités de pose variées. En sens standard, en chevrons, en rosaces, avec ou sans cabochons les combinaisons sont nombreuses et permettent de construire des sols qui ont une identité propre, que ce soit dans un programme résidentiel haut de gamme ou un espace culturel.

Les formats disponibles chez Céramiques du Beaujolais couvrent les tomettes hexagonales classiques (de 10 cm à 20 cm de côté), les carreaux rectangulaires et les formats sur mesure. La fabrication à la demande est possible pour les projets qui nécessitent une pièce spécifique.

Designers et décorateurs d’intérieur : travailler la chaleur et le contraste

La tomette a une qualité rare pour les designers : elle vieillit bien. Au sens propre du terme, une patine se développe avec le temps et l’usage, qui lui donne de la profondeur et du caractère. C’est une matière vivante, au sens où elle ne reste pas identique à elle-même.

Pour les décorateurs d’intérieur, c’est aussi un formidable outil de contraste. Associée à des parois blanches ou grises, la tomette apporte de la chaleur sans alourdir. Posée dans un espace contemporain aux lignes épurées, elle introduit une tension créative entre le neuf et l’ancien qui est très recherchée dans les projets de décoration haut de gamme.

Les collections de Céramiques du Beaujolais proposent également des terres cuites émaillées esprit zellige qui permettent d’élargir la palette chromatique tout en conservant l’authenticité de la matière. Une option particulièrement appréciée pour les espaces de douche, les crédences de cuisine ou les détails muraux qui appellent un traitement plus graphique.

Hôtellerie et restauration : l’expérience sensorielle comme argument

L’hôtellerie haut de gamme a redécouvert la tomette. Et pour de bonnes raisons : dans un secteur où l’expérience client passe aussi par le ressenti des espaces, un sol en terre cuite artisanale envoie un message clair, nous sommes dans un lieu qui a été pensé, choisi, construit avec soin.

Les références de Céramiques du Beaujolais dans ce secteur sont éloquentes. L’Hôtel La Peyrouse à Nice, le Public House à Paris, le restaurant Gigi Rigolato dans le VIIIe arrondissement, Noura Marceau dans le XVIe… Autant de projets où la tomette ou les carreaux de terre cuite participent à l’identité de l’espace autant que le mobilier ou la lumière.

Pour les hôteliers et restaurateurs qui rénovent, l’enjeu est souvent de trouver un matériau qui supporte l’usage intensif sans perdre son caractère. La tomette bien entretenue et traitée répond à cet impératif : elle ne se raye pas, ne se ternit pas, et son irrégularité naturelle dissimule les marques du quotidien bien mieux qu’un carrelage brillant uniforme.

Notre-Dame de Paris, le restaurant ANDIA par Alexis Mabille, des restaurants parisiens étoilés ou encore des palaces de la Côte d’Azur : la tomette artisanale s’invite là où la qualité des matériaux est une évidence.
terre-cuite-artisanale-ceramiques-du-beaujolais©studio_par_ici
© studio par ici
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Céramiques du Beaujolais : un atelier, un savoir-faire, un label

Choisir une tomette artisanale, c’est aussi choisir un atelier. Pas une marque, pas un catalogue en ligne mais un lieu. Un lieu où des personnes maîtrisent un métier et peuvent répondre aux questions techniques, proposer des alternatives, adapter une commande.

L’atelier de Gleizé, en Beaujolais, produit à l’estampage, comme depuis le début. La terre est sélectionnée, préparée, mise en forme, séchée et cuite sur place. Chaque fournée produit des pièces légèrement uniques c’est la signature de la fabrication artisanale. C’est précisément ce que recherchent les projets exigeants.

Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) depuis 2011, la maison est l’une des rares à maintenir une production artisanale de tomettes en France. Ce label, attribué par l’État, reconnaît l’excellence du savoir-faire, la transmission des techniques et la capacité d’innovation.

L’atelier travaille sur rendez-vous, ce qui n’est pas un détail : c’est l’assurance d’un interlocuteur disponible, d’une relation directe entre le projet et la fabrication. Pour les architectes, décorateurs ou maîtres d’ouvrage qui ont des contraintes précises format, teinte, délai, volume, c’est une vraie différence.

En résumé

La tomette en terre cuite artisanale n’est pas un choix nostalgique. C’est un choix de fond, motivé par la durabilité des matériaux, la cohérence avec le bâti existant, et la capacité à créer des espaces qui ont une identité forte.

Pour les monuments historiques, les projets d’architecture exigeants, les hôtels qui construisent une expérience, ou les décorateurs qui cherchent à sortir du standard, la tomette fabriquée artisanalement reste une réponse sérieuse, souvent irremplaçable.

Céramiques du Beaujolais produit des tomettes et des carreaux de terre cuite depuis 175 ans, avec les gestes et le soin qui font la différence entre un sol et un sol dont on se souvient.